Routes commerciales
Le secteur de la logistique britannique appelle à accélérer la réduction des frictions commerciales liées au Brexit : comment le coût de 12 milliards de livres pénalise la compétitivité de l'industrie.
Logistics UK exhorte le gouvernement à accélérer la réduction des barrières commerciales post-Brexit après les discussions à Bruxelles. L'analyse indique que les frictions commerciales causent des pertes économiques d'environ 12 milliards de livres sterling par an, les exportations britanniques vers l'UE ayant chuté de 15,9 %, ce qui entrave la compétitivité de l'industrie manufacturière et le processus de modernisation industrielle.
L'association britannique de la logistique (Logistics UK) a publiquement appelé le gouvernement à accélérer la suppression des barrières commerciales résiduelles post-Brexit, après avoir tenu plusieurs cycles de discussions à Bruxelles avec Caroline Read, ambassadrice adjointe du Royaume-Uni auprès de l'UE, l'Union internationale des transports routiers (IRU), BusinessEurope et des représentants du bureau de l'administration d'Irlande du Nord. Cette action reflète l'inquiétude profonde des secteurs manufacturier et logistique britanniques face à l'érosion continue de la compétitivité industrielle due aux frictions commerciales.
Le coût réel des frictions commerciales
Selon une analyse récente du cabinet de conseil en transport MDS Transmodal, les frictions commerciales entre le Royaume-Uni et ses principaux partenaires commerciaux – y compris les barrières non tarifaires ajoutées après le Brexit – coûtent à l'économie britannique environ 12 milliards de livres sterling par an. Plus inquiétant encore pour le secteur industriel, au cours des dix années depuis le référendum de 2016, les exportations britanniques vers l'UE ont chuté de 15,9 %, tandis que celles vers le reste du monde ont plongé de 37,2 %. Ces données montrent que le déclin de la compétitivité à l'exportation du Royaume-Uni n'est pas limité à un seul marché, mais revêt un caractère structurel.
Pour le secteur manufacturier, l'efficacité logistique détermine directement les coûts de la chaîne d'approvisionnement et les délais de livraison. Ben Fletcher, PDG de Logistics UK, a souligné après la réunion : « Le secteur de la logistique est l'infrastructure essentielle qui soutient des centaines de milliards de livres sterling d'échanges entre le Royaume-Uni et l'UE. En éliminant les frictions commerciales actuelles, 12 milliards de livres sterling pourraient être réinjectés dans l'économie, stimulant la croissance et améliorant le niveau de vie. » Ses propos mettent en lumière la relation symbiotique entre la logistique et l'industrie : les retards de dédouanement portuaire, les inspections supplémentaires et la paperasserie se traduisent en fin de compte par des coûts implicites pour les entreprises manufacturières.
Le goulot d'étranglement logistique de la stratégie industrielle britannique
Le gouvernement britannique a continuellement promu ces dernières années la stratégie « Global Britain », cherchant à renforcer la résilience économique en signant de nouveaux accords de libre-échange et en renforçant la base manufacturière. Cependant, les frictions aux frontières avec l'UE, son principal partenaire commercial après le Brexit, deviennent le maillon faible de cette stratégie. Les sujets abordés par Logistics UK lors de ces discussions à Bruxelles – notamment les contrôles sanitaires et phytosanitaires (SPS), l'application de la règle des 90/180 jours pour les chauffeurs, et la promotion de la numérisation des douanes et des documents d'exportation – sont autant d'obstacles opérationnels concrets dans le commerce quotidien.
Le secteur manufacturier britannique dépend particulièrement de chaînes d'approvisionnement transfrontalières efficaces. Par exemple, des industries comme la construction automobile, l'aérospatiale et la transformation alimentaire utilisent généralement le modèle de production juste-à-temps (JIT), et les retards aux frontières peuvent entraîner l'arrêt des chaînes de production. Les données de MDS Transmodal montrent que la contraction des exportations britanniques au cours des dix dernières années reflète, dans une certaine mesure, la décision des entreprises manufacturières de délocaliser une partie de leurs chaînes d'approvisionnement au sein de l'UE pour éviter l'incertitude, ce qui va à l'encontre de l'objectif politique du Royaume-Uni de rapatrier la production industrielle.
Point de rupture politique : douanes numériques et accès à la main-d'œuvre
Lors des réunions, Logistics UK a particulièrement souligné les possibilités d'amélioration des outils douaniers numériques et des règles de circulation des personnes.Lors des entretiens, Logistics UK a particulièrement souligné les possibilités d'amélioration des outils douaniers numériques et des règles de mobilité de la main-d'œuvre. Actuellement, les déclarations douanières entre le Royaume-Uni et l'Union européenne reposent encore largement sur des documents papier, ce qui augmente les délais de traitement et les taux d'erreur. La mise en œuvre du guichet unique numérique (Single Trade Window) est considérée par le secteur comme essentielle pour réduire les coûts administratifs. Parallèlement, la règle des 90/180 jours de l'UE limite la durée de travail des conducteurs britanniques sur le territoire européen, contraignant les entreprises de transport à faire tourner leurs chauffeurs, ce qui accroît les coûts d'exploitation.
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